Parler de notre couple

February 3, 2018

 

 

Un état des lieux du couple… Voilà des mots qui en font sans doute frémir plus d’un, à l’idée d’heures interminables passées à se tourmenter, à remettre en cause la relation, voire même, à se disputer. Oui, ces discussions permettent à chacun d’évoquer les choses qui fâchent. Mais avant tout, elles sont, pour le couple, l’occasion de faire un point d’étape. « Bien des couples finissent sous l’emprise l’un de l’autre, estime Yvonne Poncet-Bonissol. Ils ne s’aiment plus mais ils aiment la relation car l’idée d’être en couple est sécurisante. Là, il s’agit, chaque année, lors de l’anniversaire de la rencontre, par exemple, de demander à l’autre s’il est d’accord pour continuer. De faire un point sur son désir, de se souvenir d’émotions du passé, de parler de ses projets… » Un rituel à instaurer également quand le couple va bien. Et un bon moyen de rétablir la communication quand celle-ci est bloquée. « Un échange en panne peut se traduire par de la violence verbale, ou bien du mutisme, du silence. Il s’agit d’éviter l’enlisement d’une situation de monologue digne du théâtre de l’absurde. »

 

Parler du couple, c’est aussi se poser des questions, à soi-même ou à deux. En voici quelques exemples, proposés par Yvonne Poncet-Bonissol.

 

Existe-t-il un décalage entre l’idée que nous nous faisons du couple et sa réalité vécue ?
Savons-nous encore parler d’amour ?
L’humour et le jeu ont-ils leur place dans le couple ?
Accordons-nous du temps à l’autre ?
Avons-nous toujours envie de nous surprendre mutuellement ?
Suis-je capable de rester ce que suis sans renoncer à moi-même ?
Avons-nous envie de continuer un bout de chemin ensemble ?

Tirer parti des disputes

Il est normal pour un couple de se disputer, sain même de s’engueler. C’est la preuve que « le couple est vivant ». Le point commun de la majorité des conflits ? Un problème de communication. « Les scènes de ménage sont là pour remettre les pendules à l’heure, analyse Yvonne Poncet-Bonissol. Elles ont lieu quand le couple n’a pas pu dialoguer avant. Chacun laisse alors exploser ses émotions et ses frustrations. Les conflits sont des régulateurs émotionnels. Des soupapes. On n’en peut plus, on le dit, et le couple se sent mieux. » C’est pour cette raison que souvent, on se lance dans l’affrontement tout en sachant pertinemment que l’on pourrait désamorcer les tensions à temps.

Mais tous les couples n’ont pas la même approche du conflit. Si certains paraissent ne jamais se disputer, d’autres, au contraire, passent leur temps à se chamailler. « Quand on est dans le conflit permanent, on est dans un rapport dominant-dominé, qui va soumettre qui, où l’on va sans cesse tester les limites de l’autre et du lien qui nous unit à lui, commente la psychoclinicienne. A l’inverse, un couple qui ne se dispute jamais est dans un rapport de dépendance. On fuit le conflit. On se suradapte à l’autre. Et comme on a peur de le perdre, on ne dit rien. » Mais taire sa colère a souvent pour conséquence de mettre l’autre à distance. Avec, comme corrolaires, une indifférence grandissante, une baisse du désir…

 

Exprimer sa colère avant que le désaccord ne dégénère en conflit : voici l’enjeu. Tout en sachant que certaines attitudes ne manqueront pas de faire déraper la situation. Mieux vaut ainsi éviter les vérités absolues (du type « tu ne penses toujours qu’à toi »), les décisions prises en solo (« ce week-end, on va chez ma mère »), d’être dans la critique (on lui préfèrera la suggestion), de fuir l’affrontement… Et, en général, de réagir à chaud. « Il faut parvenir à écouter l’autre, à éviter d’être frontal, à dire sans condamner, renchérit Yvonne Poncet-Bonissol ». Et si parler est trop difficile, pourquoi ne pas écrire ? A l’heure des textos et des mails, il existe mille et une façons de communiquer. Sans oublier la lettre, évidemment !

 

Le problème, c’est qu’il arrive souvent que chacun campe sur ses positions. « Il y a un moment où il faut mettre son ego de côté. Souvent, c’est celui qui en a le moins qui fait le premier pas. Et qui est généralement aussi celui qui souffre le plus ». A chacun ensuite de reconnaître ses torts. Et d’admettre que le conflit est résolu. Car bien se disputer, c’est aussi apprendre à tourner la page.

 

Yvonne Poncet-Bonissol est psychoclinicienne. Elle est notamment l’auteure de Harcèlement moral dans la famille et Trahison dans la famille. Dernier ouvrage paru : Pleins feux sur l’amour. Tous ces livres sont publiés aux éditions Dangles.

 

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December 4, 2018

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Katherine Barr, TRA-Thérapeute en Relation d'aide par l'ANDC

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